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L'air était sec et avait l'odeur unique du sable chaud et des fleurs séchées restant des longues heures de jour qui s'étaient sur la région aride. Le soleil, blanchissant tout ce qu'il atteignait dans la petite ville isolée, quittait peu à peu la petite ville où sonnaient sept heures de l'après-midi pour ses habitants. C'était le crépuscule, la fin d'une journée pour la plupart et le commencement d'une autre pour certains, au moment où les criquets bruyants et divers indigènes similaires revenaient à la vie. Le ciel fleurissait en larges bandes orange foncé et rouge écarlate, toutes accompagnées de cirrus striés. Un bon présage, peut-être.

Le shérif solitaire de l'agglomération peu habitée était assis confortablement sur son porche dans une chaise à bascule, un verre de bourbon froid bourbon on the rocks1 à la main - cadeau d'un vieil ami des forces de l'ordre pour profiter de la vue avec avant d'aller dormir. C'était une vue qu'il avait déjà contemplée des milliers de fois et la connaissait presque par cœur depuis le temps, la ville n'ayant jamais vraiment eu besoin d'un shérif depuis un bon bout de temps. La seule chose qui avait jamais changé dans ce paysage étaient les plantes qui parsemaient la route de terre battue au bord de laquelle se tenait sa maison. Alors, quand la silhouette d'une créature boiteuse apparut à l'horizon, elle attira immédiatement l'œil du shérif.

Ça ne se déplaçait pas comme un chien sauvage, et ça n'en avait pas l'air non plus au fur et à mesure que ça s'approchait de la ville. Très peu de temps s'écoula avant que le craquement des vieilles planches du porche se fasse entendre alors que le shérif se levait lentement avant de poser son verre et attraper le fusil à pompe à son côté pour traverser la route à grands pas. Arrachant de petites mottes de terre, il s'arrêta juste devant un tas de gravier au bord de la route qu'il regardait maintenant à peine, tenant fermement son fusil pointé vers le bas. Peut-être était-ce un chien sauvage ou un coyote, mais si c'était le cas il savait que toute la meute aurait dû être derrière, alors il se demanda pourquoi celui-ci était seul. Jusqu'à ce que la créature ne se trouve plus qu'à une centaine de mètres de distance et qu'il ne réalise ce que l'animal était réellement, sa forme boiteuse auréolée des derniers rayons du jour mourant, les ombres de trois jambes dansant follement sur le sol alors qu'elles s'activaient à une cadence rapide.

La poitrine du shérif se serra dans l'expectative alors que la créature se rapprochait. Il savait exactement ce que c'était maintenant, mais ça ne pouvait pas être vrai, ce n'était pas possible pour lui de le concevoir comme cela. La créature en question était un golden retriever, le chien le plus amical d'une famille locale qu'il avait jamais rencontré, mais ce chien n'avait pas quitté la maison sans laisser derrière lui un morceau de sa tête et sa patte avant gauche. Les morceaux manquants semblaient avoir été coupés sans la moindre trace de déchirure des tissus, la plus grande partie de la mâchoire inférieure coupée avec un morceau d'os teinté de sang du côté gauche. Sa langue pendait librement par le par ce trou, avec un morceau en moins elle aussi, alors que son précieux manteau de fourrure était souillé de la teinte sombre du sang séché autour des blessures. Ils n'étaient plus qu'à cinq mètres l'un de l'autre quand ses jambes tremblantes cédèrent alors qu'il laissait échapper une plante basse et constante, avant que tout le reste sombre dans un silence absolu.

Personne n'osa émettre le moindre son à cet instant.


Il s'était écoulé moins d'un quart d'heure depuis l'incident. Le shérif était resté sur place plus longtemps qu'il ne l'aurait pensé, avant d'enfin enrouler l'animal dans une vieille bâche à côté de sa maison. La personne ou la chose qui avait attaqué le chien était sous sa juridiction, il était la loi ici et tout le reste, mais ça faisait longtemps qu'il n'avait pas eu à faire quelque chose comme ça. Sa ville était trop tranquille, trop paisible pour de tels événements, et il devenait de surcroît trop vieux pour s'occuper de choses pareilles.

Ce n'est qu'après plusieurs longues minutes de réflexion hantée sur ce qui avait pu se passer au-delà de l'horizon que le shérif bougea enfin, ne dépassant même alors pas un pas traînant qui le mena le long de la route de terre battue puis jusqu'à la maison du propriétaire. Alors qu'il descendait la route, il lui arriva à plusieurs reprises de jeter un œil pensif vers l'horizon, au sud, comme s'il s'attendait à ce que quelque chose d'autre sorte de la nuit qui s'étendait peu à peu.

Ses bottes firent doucement craquer les planches blanchies du porche, un endroit aussi banal que possible après avoir vu ce qu'il avait vu ; il n'y avait pas besoin de paniquer et courir partout frénétiquement, d'autant plus que les gens le regardaient sûrement très attentivement. Que ce soit de leurs porches faiblement éclairés ou de la fenêtre du salon de leur maison, il fallait que ça ait juste l'air d'une rencontre amicale, de voisin à voisin. Les pouces passés à la ceinture, il sentit la tension dans l'air comme si elle pouvait le gifler et entendit le faible bruit de la vieille sonnette puis le craquement de la porte, ne faisant qu'empirer l'aura palpable aura de l'atmosphère morne.

Il connaissait particulièrement bien cette famille-ci, étant donné qu'elle ne se trouvait qu'à un bloc de distance de lui. Il était venu dîner de nombreuses fois et avait même joué très souvent à la balle avec le chien pendant les après-midis les plus frais, quand celui-ci venait errer près de chez lui. Sans être capable de lire dans les esprits, il savait comment ils s'organisaient habituellement, aussi savait-il quand la femme et le mari ouvrirent la porte en même temps que quelque chose allait suivre. Il y avait une intense expectative dans les yeux qu'ils dardaient vers le shérif, presque comme s'ils savaient qu'il allait venir, ou peut-être qu'ils auraient été en train de dévaler le porche vers lui s'il était arrivé une seconde plus tard. Même après que la porte ait été ouverte, il ne leur fallut pas longtemps pour paniquer alors que le shérif parlait. Et ce n'était pas à cause de la mort de leur chien de toute façon, c'était à cause de leur fille qui était partie le chercher après qu'il s'était enfui vers le sud, hors de la ville.

Ils dirent que ce n'était pas surprenant de sa part de traîner aussi longtemps, que c'était loin d'être la première fois, qu'elle se contentait sûrement de papillonner. Ils continuèrent de répéter ces choses de différentes façons comme des parents inquiets le feraient, comme pour essayer de se convaincre eux-mêmes. Par leur processus de pensée, ils continuaient avec une insistance presque maniaque, brisant leur propre raisonnement avant de le reprendre en une boucle infinie, semblant à deux doigts de s'étouffer tant ils parlaient vite. Le shérif aurait aisément pu les prendre pour des parents irresponsables s'il ne les avait pas si bien connus. Il savait au plus profond de lui que ce n'était pas leur faute, que quelque chose d'obscur était en train d'arriver.

Le shérif posa finalement sa main sur l'épaule du père, souhaitant avoir de meilleurs mots, de meilleures circonstances pour eux deux, bien que l'obscure réalité ait été encore plus sombre qu'il ne le pensait au début. Il leur chuchota des mots de réconfort et leur promit qu'une battue allait être organisée immédiatement, le mieux qu'il pouvait faire pour l'instant. Ça ne sembla les réconforter que très peu, le ton doux du shérif étant somme toute peu utile pour eux.

Le soupir intérieur de soulagement qu'il poussa quand ils ne demandèrent pas à voir le corps du chien aida le shérif à garder contenance. S'ils venaient à découvrir comment il avait réellement été tué, il n'y avait absolument aucun moyen de prévoir la gravité de leur réaction. Même maintenant, l'incident restait gravé dans l'esprit du shérif pendant qu'il parlait. Il n'y avait rien de naturel là-dedans, ça avait l'air artificiel de toutes les façons possibles et l'idée que ça ait été quelque chose de surnaturel ou une sorte de tueur en série psychopathe n'aidait pas le moins du monde. Toutes ces idées cryptiques n'aidaient qu'à propager une question dans tout son cerveau. La question de ce qui allait arriver quand ils sortiraient de là.


Il ne fallut que quelques minutes pour rassembler un groupe de neuf personnes de la ville, mais maintenant même les habitants les moins attentifs qui n'avaient rien remarqué auparavant étaient aux aguets. Les mères ramenaient leurs enfants à la maison pour un sommeil anticipé pendant que leur père allait juste aider le gentil shérif pour quelque chose cette nuit. C'est ce qu'elles leur disaient pendant que le groupe se rassemblait sur la place. Il y avait quelques tromblons et fusils à pompe au milieu des lampes de poche et lanternes amenées par chacun et tout le groupe semblait d'humeur belliqueuse, la rumeur de la disparition de l'enfant s'étant déjà répandue. Malgré cela, pas un seul mot ne fut prononcé sur le sujet de peur de voir les craintes devenir réalité. L'atmosphère était lourde avant leur départ, le vent portant une faible odeur ferreuse vers le nord, se faufilant entre les bâtiments pour s'étendre sur toute la place.

Tous les yeux étaient dirigés vers le sud et le terrain plat sans fin devant eux, le crépuscule tombant alors que la lune décroissante semblait plus brillante que jamais et que l'étoile polaire les baignait également de sa lumière. Le pas lent du groupe laissa immédiatement la place à un profond sentiment d'appréhension vis-à-vis de cette situation dans son ensemble ; il n'y avait aucune raison de quadriller la zone ou d'inspecter quoi que ce soit étant donné que tout était visible à des kilomètres autour d'eux, pas plus qu'il n'y avait d'autres cris ou hurlements que ceux des hommes.

Ce ne fut que jusqu'à ce que quelqu'un crie le nom de l'enfant, juste pour entendre le son mourir dans l'étendue plate et désertique, réalisant alors qu'il n'y avait pas un seul criquet, pas une seule chouette ou hibou, ni aucun animal nocturne dans la vallée. Le seul son audible était le hululement monotone des vents qui leur fouettaient le visage et faisaient tourbillonner les fines feuilles mortes de plantes du désert, créant des carillons naturels de vent alors que l'odeur métallique devenait plus remarquable.

Le temps passa lentement après cette prise de conscience du silence, leur attention s'éloigna doucement de leur objectif pour écouter faiblement avant qu'ils réalisent quelque chose d'étrange. L'horizon semblait presque plus haut qu'avant, avec pour preuve un tronc mort qu'ils avaient pris comme repère et qui trouvait maintenant hors de vue. Le shérif n'était pas du genre à laisser passer ce genre de détails, et si les autres étaient alertes aussi, ils en avaient peut-être simplement déduit que c'étaient des gaz sortant du sol. Ce n'était pas la meilleure explication, pas plus que ça n'allait se révéler correct à la fin, mais la tromperie avait le mérite de tenir la paranoïa de masse à distance.

Maintenant, ils voyaient des craquelures anormalement larges dans le sol, tout entamant une pente ascendante. Même si le sol était connu pour être très sec ici, il n'avait jamais fait des fissures comme ça, assez larges pour que quelqu'un puisse se prendre une chaussure dedans. L'arôme métallique flottait dans les environs, quittant à peine le groupe alors qu'il gravissait lentement la colline craquelée d'un pas las. Il ne leur fallut pas longtemps pour apercevoir un sommet défini en surplomb par rapport à leur position. Tout le monde avait à l'esprit une idée radicale de ce qui se trouvait de l'autre côté du sommet, pour certains extrême, pour d'autres minimale, mais qu'elle en soit proche ou lointaine, la réalité de ce qu'ils trouvèrent face à eux était bien trop pour eux.

Le point culminant se trouvait à environ trois mètres et le pied de la colline pentue en contrebas était parfaitement plat, le terrain derrière eux semblant s'être abaissé par rapport à sa position originale, mais rien ici ne faisait le moindre sens ni ne ressemblait à quoi que ce soit d'existant, c'était le chaos absolu. Le sol était déchiqueté et anormalement segmenté, des pans s'en élevant de façon aléatoire avec des côtés parfaitement plats et des creux cubiques aux dimensions parfaites creusant le sol, parfois des zones entières enfoncées en petits ravins ou écartelées vers le haut en collines irrégulières comme si des plaques tectoniques s'étaient rencontrées et écrasées l'une contre l'autre. Il leur fallut moins d'une minute pour assimiler l'environnement avant qu'un cri similaire à celui d'une banshee émane du pied de la colline pentue.

As all faced the origin of the blood-curdling scream, their faces went white and cold as they realized that the voice was someone they knew, which was that of the pastor. But he was right next to the sheriff, the most terrified of all of them as they heard it - his skin resembling the lightness of the moon itself. The screaming was barely recognizable as human as it progressed, anyone could tell that the source of it was letting out a painful sound of death, ripping their vocal cords as their last act in a demonstration of the fatal pain they were experiencing.

Ce fut finalement le shérif who hesitantly walked to the side of the edge first, the placement of his feet hard as he could feel a lack of balance within himself, almost hoping the ground wasn't stable enough to let him see it. Everyone silently watched him peer over, and it was within mere seconds that his dread turned into absolute hysteria as over the edge lie the pastor, but not their pastor.

This pastor's mouth was wide open with his muscles cramped from shock, making a series of pained expressions rapidly. His eyes wide open staring straight into the sky as nothing more came out of his mouth now but a mere series of sounds that were his failed attempts at further breathing, his skin becoming a dark shade of blue in the moonlight. A massive amount of blood spewed from his legs and a puddle surrounded him while spreading through the soil's cracks, the legs appearing to be cut clear off at the bottom of the femur, just like the dog.

The whole group had come to the sheriff's side as he stood there without a word, it was the worse case scenario possible, his body could physically feel this fear in the form of adrenaline and pressure in his chest. A pseudo-sixth sense screeched at him there was no reason on earth any of them should be here, this was all was against all the laws of nature.

Meanwhile, the living pastor merely stayed several feet away from the edge with his hands covering his ears, the expression of his eyes could only be described to look like that of someone who had just lost their faith within seconds, tears of terror running down his face. Before anyone could try to console him, he was running full tilt towards the town without a care for anyone who called out to him, the beam of his flashlight moving up and down rapidly as he pumped his arms.

It only got worse from here, slowly but surely, houses started to suddenly materialize whether they embedded themselves in the ground or shattered from being dropped out of the thin air, the party watching in a continuous shock as it all unfolded before them. But it wasn't the structures alone that made the party frozen where they had planted their feet, it was the people.

With each materialized house, people they had known their whole lives or even themselves were appearing at random, being plunked from where they previously resided in a instant. Some choked to death as dirt filled their body cavities when their houses came in partially into the ground. Some snapped their neck and spine as they fell head first from three stories high. Some came cut in half or nothing but a lone pair of legs.

The smell of blood almost came over them as a shockwave with the corrupted town taking shape. The macabre scene fueled the reaction of morbid curiosity in all of the group as they struggled to comprehend seeing their own decapitated head or their loved one being bisected, unaware to the passing of time in their stupor. The aroma of it all penetrating their nostrils with the olfactory evidence of chaotic death and suffering.

It was the sheriff that started to run last, but he quickly caught up with the others initiative as his heart thumped against his chest, his feet barely able to keep up with his pace down the inclined hill. It was everyone for themselves now as screams and shrieks came from behind them like a portal had been opened for the souls of the damned, though a small percent of them now came from the search party members. They screamed of how screwed they were and about the things they had witnessed, everything else falling into a category somewhere between those two points. None of it made sense because the rabble that came out of their mouths only made them more determined to run faster from the horrors due to their own convictions.

The sheriff himself ran with his heart almost pushing itself to the limit, his throat felt like a rusted gutter filled with wadded leaves with how dry it was, his own saliva thick enough now to almost choke him as he gasped for oxygen. He kept up with the others, the topsoil making loud cracking sounds as the heavy footfalls came in rapid succession, but while they ran, no one dared to look anywhere but in front of themselves.

Everything seemed the same as the true town came into view, with all possible lights on now on as the pastor had arrived before them and warned everyone. The terrain was as flat as ever, a sight that some couldn't possibly love enough, though at the same time, a series of tire tracks seemed to suddenly start out of nowhere as they ran by it. It might have followed them home, but it was of little concern until they all arrived between the sheriff's and parent's house, where they found what had made the tracks.

In front of the sheriff's house was parked an identical police cruiser like his next to his own. Though exhausted and dehydrated, he walked towards the front of house without hesitation, the top of heads and nothing more visible with the cars in the way. And so, there was only five feet between them when the sheriff came around the car and met his alternate self.

The both of them stared numbly at each other as they were both still recovering from everything that happened, the others in the party stumbled over with all of them in a similar state of disbelief as they saw the scene. A awkward silence took a hold of everyone before the exhausted sheriff noticed the two prepubescent girls in wool blankets on the porch, their mother tending to them as the father walked up with haste as he noticed at the very same time.

A quiet sigh of relief came from the sheriff as the other one did the same, though they did so for different reasons. They both looked back to the horizon without a word, wondering why this had all happened, wondering about the deaths of all those from the other world's town, but most of all wondering how meeting his alternate self was far from the most shocking thing of the night.

The air was dry, smelling of the unique odor that hot sand and dry flora carried from the long, drawn out hours of daylight in the arid region as a light metallic scent came from somewhere beyond the horizon.

Auteur original : AkariStarAkariStar
Titre du conte : A Small Town in Arizona
Source originale : The SCP Foundation
Date : 15/06/2018
Lien : http://www.scp-wiki.net/a-small-town-in-arizona

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